Altermap : Axe 1 Représentations et découpages du Monde en France et au Sénégal

Analyse des réponses de 61 étudiants français et 87 étudiants sénégalais de licence 3 au questionnaire pilote administré en mars-avril 2026
Carte mentale
Monde
questionnaire
régionalisation
Authors
Affiliations

USSEIN, Kaolack

UPC, Paris

Published

June 19, 2026

Introduction

A. CADRAGE

La première partie du questionnaire apportait des données de cadrage sur les individus (âge, sexe), sur la perception du niveau de revenu de la famille et les niveaux études des parents, ainsi que l’expérience internationale de la mobilité.

Altermap 2026 - Questionnaire - Partie 1

On commence par charger les questionnaires issus de Kobo Toolbox en format “label” (texte complet) ou en format “codes” (codes) pour constituer notre tableau de données. Selon le cas on utilisera l’un ou l’autre tableau pour nos analyses. On va ensuite construire à partir de ces deux fichiers notre tableau de donnée de référence

On se propose dans cette première analyse d’étudier les réponses des étudiants de licence SIG de l’Université de USSEIN à Kaolack (Sénégal)

Sexe

Effectifs par sexe
Un homme Une femme Sum
UPC - Paris - France 31 30 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 49 37 86
Sum 80 67 147
Un homme Une femme Total
UPC - Paris - France 50.8 49.2 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 57.0 43.0 100
All 54.4 45.6 100


    Pearson's Chi-squared test with Yates' continuity correction

data:  tab
X-squared = 0.32544, df = 1, p-value = 0.5684
  • Commentaire : Les deux échantillons sont globalement paritaires avec une proportion un peu plus forte d’homme à Kaolack (57%) qu’à Paris (51%).

Âge

Effectifs par âge
20-21 ans 22-25 ans 26-28 ans Sum
UPC - Paris - France 44 14 3 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 3 58 22 83
Sum 47 72 25 144
20-21 ans 22-25 ans 26-28 ans Total
UPC - Paris - France 72.1 23.0 4.9 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 3.6 69.9 26.5 100
All 32.6 50.0 17.4 100


    Pearson's Chi-squared test

data:  tab
X-squared = 75.496, df = 2, p-value < 2.2e-16
  • Commentaire : Bien que situés au même niveau d’étude (licence 3 de Geomatique et Climatologie), les étudiants sénégalais sont en moyenne nettement plus âgés que les étudiants français. Ceci s’explique par le fait le cursus scolaire est plus long que celui français mais aussi par une entrée plus tardive dans les études universitaires et un fort taux de redoublement en classe de Terminale.

Niveau social

Niveau économique familial

L’autoévaluation du niveau économique a été faite sur une échelle graphique comportant quatre cases. Mais les étudiants ont souvent coché des cases situées sur les lignes séparant les cases, ce qui aboutissait à 9 réponses possibles

On a choisi de se ramener à 5 classes en regroupant les niveaux 1-2, 3-4, 5, 6-7 et 8-9.

Perception du niveau de richesse familial
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Sum
UPC - Paris - France 1 17 8 25 10 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 11 19 25 20 11 86
Sum 12 36 33 45 21 147
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Total
UPC - Paris - France 1.6 27.9 13.1 41.0 16.4 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 12.8 22.1 29.1 23.3 12.8 100
All 8.2 24.5 22.4 30.6 14.3 100


    Pearson's Chi-squared test with simulated p-value (based on 2000
    replicates)

data:  tab
X-squared = 13.957, df = NA, p-value = 0.007996
  • Commentaire : S’agissant d’une auto-évaluation, on ignore si les étudiants ont pris comme référentiel la situation dans leur propre pays ou au nveau international. Il apparaît en tous les cas que les étudiants de Kaolack se sont attribués des niveaux économiques dans l’ensemble plus faibles que les étudians de l’Université Paris Cité. Ils ont également davantage utilisé le niveau “moyen” que les étudiants français.

Niveau d’éducation des parents

On analyse ensuite la façon dont les étudiants évaluent le niveau d’éducation de leurs parents :

Perception du niveau d’éducation de la mère
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Sum
UPC - Paris - France 1 17 5 22 16 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 15 16 15 12 28 86
Sum 16 33 20 34 44 147
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Total
UPC - Paris - France 1.6 27.9 8.2 36.1 26.2 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 17.4 18.6 17.4 14.0 32.6 100
All 10.9 22.4 13.6 23.1 29.9 100


    Pearson's Chi-squared test with simulated p-value (based on 2000
    replicates)

data:  tab
X-squared = 19.816, df = NA, p-value = 0.0004998
Perception du niveau d’éducation du père
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Sum
UPC - Paris - France 6 17 4 19 15 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 9 8 15 14 40 86
Sum 15 25 19 33 55 147
1. très bas 2. bas 3. moyen 4. haut 5. très haut Total
UPC - Paris - France 9.8 27.9 6.6 31.1 24.6 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 10.5 9.3 17.4 16.3 46.5 100
All 10.2 17.0 12.9 22.4 37.4 100


    Pearson's Chi-squared test with simulated p-value (based on 2000
    replicates)

data:  tab
X-squared = 18.616, df = NA, p-value = 0.0009995
  • Commentaire : Une différence intéressante apparaît dans les évaluations respectives des pères et des mères des étudiants. Dans le cas des étudiants de Paris Cité, le niveau d’éducation de la mère et du père est jugé sensiblement égal voire légèrement plus élevé pour les mères. Au contraire, dans le cas des étudiants de Kaolack, le niveau d’éducation des pères est jugé beaucoup plus élevé que celui des mères par les étudiants. Cela peut s’expliquer , pendant tres longtemps , le taux de scolarisation des filles est très faible et peu d’entre elles accèdent aux études supérieurs en raison des réalités sociales(mariage, aides ménagères,… Cependant, cette tendance aussi commence à bouger avec une politique qui promet l’éducation des filles mais aussi les programmes pour accompagner les femmes a faire de longues études. Ce résultat est intéressant mais difficile à interpréter car on ignore s’il relève d’appréciations objectives ou subjectives.

Mobilités

L’expérience du Monde des étudiants par les mobilités internationales est intéressante à évaluer car elle conditionne certainement leur vision du Monde. Elle a pu être évaluée par deux questions, l’une portant sur les pays où ils ont séjourné plus de mois (migrations) et l’autre sur les six derniers pays qu’ils ont visité même si ce n’est que pour quelques jours à l’occasion de vacances ou voyages d’étude (mobilités).

Séjours de plus de 6 mois

Expérience internationale
Non Oui Sum
UPC - Paris - France 47 14 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 82 4 86
Sum 129 18 147
Non Oui Total
UPC - Paris - France 77.0 23.0 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 95.3 4.7 100
All 87.8 12.2 100


    Pearson's Chi-squared test with Yates' continuity correction

data:  tab
X-squared = 9.4838, df = 1, p-value = 0.002073
  • Commentaire: Dans les deux échantillons, Très peu d’étudiants interrogés ont vécu à l’étranger plus de 6 mois mais cette proportion est tout de même plus élevée pour les étudiants français (23%) que pour les étudiants sénégalais (5%). Les étudiants sénégalais, la plupart, n’ont pas voyagé hors du pays. Cela peut s’expliquer par le fait que l’accès a l’université est obligatoire mais aussi le cout élevé des études a l’étranger. Aussi, la notion de vacances en famille a l’étranger n ;est pas très développée au Sénégal..

Mobilités de courte durée

On examine le nombre de pays visités quels que soit la durée du séjour, le maximum de réponse étant limité à 4.

Derniers pays visités (maximum 4)
0 1 2 3 4 Sum
UPC - Paris - France 2 5 5 5 44 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 78 4 1 2 1 86
Sum 80 9 6 7 45 147
0 1 2 3 4 Total
UPC - Paris - France 3.3 8.2 8.2 8.2 72.1 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 90.7 4.7 1.2 2.3 1.2 100
All 54.4 6.1 4.1 4.8 30.6 100


    Pearson's Chi-squared test with simulated p-value (based on 2000
    replicates)

data:  tab
X-squared = 116.47, df = NA, p-value = 0.0004998
  • Commentaire : Il y a une différence fondamentale entre les deux échantillons en ce qui concerne les mobilités de courte durée. 72 % des étudiants parisiens ont été en mesure de citer quatre pays qu’ils ont visité. A l’inverse, 91% des étudiants sénégalais n’en ont cité aucun. Si cette opposition s’explique largement par le facteur économique, elle n’en suscite pas moins l’interrogation par rapport au fait que les étudiants sénégalais semblent beaucoup plus déclarés un sentiment d’appartenance aux échelles supranational que les étudiants français comme nous l’avons vu précédemment.

  • Commentaire : L’effet de proximité est très présent dans les deux échantillons, la plupart des mobilités de courte durée se concentrant sur les pays voisins dans les deux cas. Mais on trouve dans le cas parisien un nombre élevé d’étudiants ayant voyagé dans des pays plus éloignés tels que les USA, le Japon ou la Thaïlande. Et également des étudiants ayant séjourné dans les pays d’Afrique, sans doute parce qu’ils en sont originaires et font leurs études à Paris Cité.

B. ECHELLES

La seconde partie du questionnaire visait à analyser certains éléments de la vision du Monde des étudiants en utilisant trois entrées différentes : les échelles d’appartenance, les pays attractifs et répulsifs, les mots associés à certains espaces.

Altermap 2026 - Questionnaire - Partie B

La question sur les échelles d’appartenance n’a sans doute pas été formulée de façon satisfaisante car beaucoup d’étudiants ont répondu d’une façon différente de celle qui avait été anticipée par les enquêteurs.

On attendait en effet des étudiants qu’ils choisissent parmi les niveaux proposés les trois échelles territoriales auxquelles ils s’identifient le plus en les ordonnant. Soit une réponse du type suivant :

Altermap 2026 - Question B1 - Réponse attendue

Mais certains étudiant ont compris la question différemment et ont plutôt indiqué les lieux correspondant à leurs échelles d’appartenance territoriale, sans les hiérarchiser, aboutissant à des réponses du type suivant :

Altermap 2026 - Question B1 - Réponse inattendue

Il est donc clair que la question doit être construite différemment dans les enquêtes futures et relève peut-être d’ailleurs plus d’un entretien qualitatif où l’on poserait la question “D’où êtes-vous ?” sans préjuger du résultat mais en relançant la personne interrogée pour détecter l’existence de niveaux multiples. Il n’est d’ailleurs pas certain que l’idée d’ordonner les échelles soit pertinente. La réponse à la question peut en effet varier selon le contexte où elle est posée. Un sénégalais interrogé sur ses origines dans un pays très éloigné pourra répondre qu’il vient du Sénégal ou d’Afrique. Le même individu interrogé par un habitant de son pays répondra plutôt qu’il vient de Casamance ou de Saint-Louis …

Peut-on néanmoins tirer quelques enseignements des réponses obtenues ?

Echelle principale

Si on se limite aux étudiants qui ont fourni un classement des échelles, on peut construire un tableau donnant l’échelle principale d’appartenance i.e. celle qui a été classée en première place :

Echelle principale d’appartenance
1. Local 2. Infranational 3. National 4. Supranational 5. Autre Sum
UPC - Paris - France 17 18 11 0 1 47
USSEIN - Kaolack - Sénégal 63 10 7 3 0 83
Sum 80 28 18 3 1 130
1. Local 2. Infranational 3. National 4. Supranational 5. Autre Total
UPC - Paris - France 36.2 38.3 23.4 0.0 2.1 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 75.9 12.0 8.4 3.6 0.0 100
All 61.5 21.5 13.8 2.3 0.8 100


    Pearson's Chi-squared test with simulated p-value (based on 2000
    replicates)

data:  tab
X-squared = 25.62, df = NA, p-value = 0.0004998
  • Commentaire : Le premier niveau d’appartenance déclaré par les étudiants de Kaolack est le niveau local (76%) , suivi du niveau infranational (12%) et du niveau national (8%). Pour les étudiants parisiens , les niveaux locaux et infranationaux sont à peu près à égalité (36 et 38%) tandis que le niveau national demeure élevé et bien plus fort qu’au Sénégal (23%). Les niveaux continentaux (Afrique, Europe) , ne sont pour ainsi dire jamais mentionnés en premier choix et le niveau mondial est totalement absent. La différence de choix entre les deux échantillons est très significative (p < 0.001).

Ensemble des échelles

Les conclusions sont-elles les mêmes si l’on considère non plus le premier choix mais l’ensemble des niveaux déclarés par les étudiants ?

  • Commentaire : Les deux profils sont désormais beaucoup plus ressemblants. Dans les deux échantillons, plus de 80% des étudiants ont mentionné le niveau local, infranational ou national dans leurs réponses. Mais on observe une propension nettement plus élevé des étudiants de Kaolack à déclarer des appartenance au niveau supranational par rapport aux étudiants parisiens.

Ouverture au monde

On rassemble les étudiants qui ont déclaré un niveau continental ou mondial dans leurs réponses afin d’examiner s’il existe une différence entre les deux échantillons.

Appartenance mondiale ou continentale
Non Oui Sum
UPC - Paris - France 42 19 61
USSEIN - Kaolack - Sénégal 39 44 83
Sum 81 63 144
Non Oui Total
UPC - Paris - France 68.9 31.1 100
USSEIN - Kaolack - Sénégal 47.0 53.0 100
All 56.2 43.8 100


    Pearson's Chi-squared test with Yates' continuity correction

data:  tab
X-squared = 5.9705, df = 1, p-value = 0.01455
  • Commentaire : les étudiants sénégalais sont significativement (p < 0.05) plus nombreux que les étudiants français à déclarer un sentiment d’appartenance à un niveau supranational (Afrique de l’Ouest, Afrique, Monde) que les étudiants français (Europe de l’Ouest, Europe, Monde). Cela montre que si l’attachement au local se retrouve dans les deux échantillons, les étudiants sénégalais semblent avoir davantage tendance que les étudiants français à déclarer des appartenances à des échelles dépassant les frontières de leur pays.

C. POLARISATION

Une manière efficace de mettre à jour les représentations du Monde des étudiants a consisté à leur demander les pays où ils souhaiteraient vivre ou ne pas vivre dans un futur proche. Cela suppose une petite préparation des données pour créer un tableau ou chaque ligne correspond à une réponse sur les pays attractifs ou répulsifs. En d’autres termes les réponses de chaque étudiant correspondront à 10 lignes, 5 pour les pays cités positivement et 5 pour les pays cités négativement.On accompagnera ces réponses des informations que l’on juge utile sur les étudiants afin de pouvoir ensuite faire des regroupements.

A titre d’exemple, voici la forme que prendront les réponses d’une personnes enquêtée dont on a conservé comme variables explicaives le sexe, l’âge,le niveau de richesse et les pays visités :

code lieu sexe age opi rnk iso3 nom
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 att 1 CHN China
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 att 2 CAN Canada
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 att 3 ZAF South Africa
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 att 4 JPN Japan
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 att 5 PRK North Korea
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 rep 1 FRA France
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 rep 2 ITA Italy
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 rep 3 MLI Mali
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 rep 4 GMB Gambia
074 USSEIN - Kaolack - Sénégal Un homme 25 rep 5 AUS Australia

-Commentaire : L’étudiant de Kaolack 074 est un homme de 25 ans. Il ne souhaiterait pas vivre en France, Italie, Mali, Gambie ou Australie. Il aimerait bien vivre en Chine, au Canada, en Afrique du Sud, au Japon ou en Corée du Nord.

Pays attractifs

Si on ne tient pas compte du rang des pays cités positivement, on peut établir un tableau de fréquence indiquant le nombre de fois ou un pays a été cité positivement par l’un des étudiants de chacun de nos deux échantillon. On calcule ensuite pour chaque échantillon le pourcentage des étudiants qui ont cité le pays en question ce qui facilite la comparaison puisque les deux échantillons sont de tailles différentes.

rang Kaolack nb. réponses % Paris nb. réponses %
1 Canada 63 73.3 Italy 34 55.7
2 France 45 52.3 Spain 24 39.3
3 Spain 32 37.2 Canada 17 27.9
4 U.S.A. 26 30.2 Japan 16 26.2
5 Germany 23 26.7 Switzerland 14 23.0
6 China 20 23.3 U.K 14 23.0
8 U.K 17 19.8 Germany 10 16.4
8 Italy 17 19.8 China 9 14.8
9 Morocco 14 16.3 U.S.A. 9 14.8
10 Switzerland 13 15.1 Brazil 8 13.1
10 Japan 13 15.1 Norway 7 11.5
12 Belgium 12 14.0 Belgium 5 8.2
13 South Africa 11 12.8 Netherlands 5 8.2
14 Saudi Arabia 8 9.3 Portugal 5 8.2
15 Luxembourg 7 8.1 Singapore 5 8.2
17 Brazil 6 7.0 Thailand 5 8.2
17 Russia 6 7.0 France 4 6.6
17 Turkey 6 7.0 Republic of Korea 4 6.6
20 Côte d’Ivoire 5 5.8 Vietnam 4 6.6
20 Senegal 5 5.8 Argentina 3 4.9

  • Commentaire :

Pays répulsifs

rang Kaolack nb. réponses % Paris nb. réponses %
1 Israel 33 38.4 Israel 28 45.9
2 Iran 22 25.6 Russia 26 42.6
3 Morocco 21 24.4 U.S.A. 25 41.0
4 France 16 18.6 Afghanistan 21 34.4
6 Italy 11 12.8 Iran 21 34.4
6 Mexico 11 12.8 North Korea 13 21.3
7 Mali 10 11.6 Emirates 12 19.7
10 Libyan Arab Jamahiriya 9 10.5 India 12 19.7
10 Gaza Strip 9 10.5 China 9 14.8
10 Russia 9 10.5 Qatar 8 13.1
10 Ukraine 9 10.5 Sudan 8 13.1
10 U.S.A. 9 10.5 Gaza Strip 7 11.5
14 Afghanistan 8 9.3 U.K 6 9.8
14 Côte d’Ivoire 8 9.3 Iraq 6 9.8
14 Algeria 8 9.3 Nigeria 5 8.2
14 Guinea 8 9.3 Saudi Arabia 5 8.2
19 Colombia 7 8.1 Syrian Arab Republic 5 8.2
19 India 7 8.1 Ukraine 5 8.2
19 Iraq 7 8.1 Australia 3 4.9
19 Nigeria 7 8.1 Democratic Republic of the Congo 3 4.9

  • Commentaire :

Synthèse

Ce que montrent bien les analyses précédentes est le fait que l’appréciation que les étudiants donnent d’un pays doit être envisagé selon deux dimensions complémentaires, la saillance et l’opinion

  • la saillance (en anglais salience) est le fait qu’un pays se présente à l’esprit d’un étudiant lorsqu’on lui demande de porter un jugement. Peu importe que le jugement soit positif ou négatif, si un pays est cité par l’étudiant c’est qu’il possède des informations sur lui, qu’il en a reçu et a choisi de les retenir. Bref, la saillance manifeste une reconnaissance de l’existence d’un pays et signale sa présence dans la carte mentale de la personne. On la définira donc comme le % des étudiants qui ont cité un pays positivement ou négativement et on la mesurera sur une échelle de 0 à 100

\(Saillance_i = 100\times \frac{Pos_i + Neg_i}{n}\)

  • la polarisation est le positionnement d’un individu et par la suite d’un groupe d’individu sur une échelle de jugement allant du négatif au positif. Elle ne peut exister que si le pays est déjà connu par l’individu et - dans le cas d’un groupe - possède une saillance suffisante. On mesure classiquement la polarisation sur un intervalle allant de -1 (tous les avis sont positifs) à +1 (tous les avis sont négatifs).

\(Polarisation_i = \frac{Pos_i-Neg_i}{Pos_i+Neg_i}\)

On ne retient que les pays ayant été cités par au moins 10% des étudiants à l’interieur de chaque échantillon.

  • Commentaire :

Cartogramme

On déforme la surface des régions pour leur donner une superficie proportionnelle à leur saillance, c’est-à-dire au nombre de fois où ils ont été cités. Puis on les colorie en fonction de la valeur de l’indice de polarisation , de rouge foncé pour les régions les plus répulsives à bleu foncé pour les plus attractives, en passant par jaune clair pour les régions neutres qui ont autant d’avis positis que négatifs.

Le monde vu par les étudiants de Kaolack

  • Commentaire : Les territoires connus et attractifs forment deux pôles principaux constitués de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord. Mais à l’intérieur de ceux-ci on observe des nuances importantes : les USA sont moins attractifs que le Canada, la France, l’Italie et l’Allemagne sont moins attractives que l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique ou la Suisse. On trouve également des pays attractifs isolés comme l’Afrique du Sud, la Turquie, la Chine, le Japon, l’Arabie Saoudite et … les îles du Cap vert. Les territoires connus et répulsifs sont la plupart des autres pays d’Afrique et du Proche ou Moyen-orient. Mais là encore avec des nuances puisque certains pays sont tout de même jugés attractifs par quelques étudiants comme la Côte d’Ivoire, l’Algérie ou la Tunisie. La plupart des pays latino-américain sont peu mentionnés mais surtout négativement, à l’exception du Brésil. Celui-ci fait partie des pays “neutres” sur lesquels les avis des étudiants sont partagés. Il en va de même pour le Maroc, la Russie, Madagascar, le Portugal ou l’Indonésie

Le monde vu par les étudiants de Paris Cité

  • Commentaire : Pour les étudiants géographes de licence 3 à UPC, les pays les plus attractifs sont des pays voisins d’Europe de l’Ouest et d’Europe du Nord, ainsi que le Japon, la Corée du Sud et le Canada. Les pays dAmérique latine sont peu cités mais généralement positivement, exception faite de la Colombie et du Venezuela. Les pays répulsifs sont en premier lieu les pays du Proche et Moyen_orient ainsi que la Russie, l’Inde, la Corée du Nord et … les USA. On trouve peu de pays “neutres” en dehors de la Chine, l’Australie, l’Afrique du Sud et la Turquie. Les pays africains sont peu cités mais parfois positivement, sans doute par les étudiants qui en sont originaires (Tunisie, Maroc, Sénégal, Bénin, Cameroun,)

Au final, on est frappé par les grandes ressemblances entre les cartes du Monde des étudiants des deux universités. Peut être qu’internet et les réseaux sociaux jouent un rôle dans ces proximités car l’accès à l’information devient universel. Même s’il existe de nombreuses différences dans le détail, les points communs l’emportent largement !

D. STEREOTYPES

Quels sont les mots associés par les étudiants de géographie à l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe s qui forment une région verticale reliant pays du Nord et du Sud ? Il est utile ici de préciser les différences de contexte entre les deux échantillons observés :

  • En L3 Géographie de Paris Cité l’enquête intervenait après trois séances de cours d’Adrien Doron sur la lecture transnationale du Monde par les flux et les circulations commerciales ou migratoires. Et que la dernière séance portait plus précisément sur les espaces d’interface que constituent les Méditerranées situées en tre les deux Amériques, entre l’Europe et l’Afrique ou entre l’Asie et l’Océanie. Plus généralement, les étudiants de licence de géographie de l’Université Paris Cité ont normalement été formés aux questions de développement, de pouvoir, de mobilité … et suivi des cours sur la “géographie des Nords” et la “géographie des Suds”.

  • En L3 SIG de l’Université de Kaolack l’enquête intervenait à la deuxième séance du cours Cartographie thématique. Auparavant, ils ont eu des cours sur la géographie physique du Sénégal, l’aménagement du territoire, la cartographie, les SIG mais ils n’ont pas de cours sur les questions de mobilité ou de géographie du nord car ils sont sur une licence en Géomatique et Climatologie

Sur le plan méthodologique, l’exploitation des résultats peut se faire selon au moins trois types de méthodes dont une seule, la plus simple, sera présentée ici :

  1. Comptage des mots les plus fréquents et visualisation sous la forme de nuages de mots. Cette technique rapide - mais imparfaite - est bien adaptée à une première exploration du corpus. Elle peut être facilement réalisée avec des outils en ligne comme wordart

  2. Analyse textuelle à l’aide d’outils de lemmatisation ou racinisation. Cette technique plus exigeante implique l’emploi de logiciels spécialisés disponibles à travers des packages comme Iramuteq, Spacyr, Quanteda, Udpipe, … qui suppose une maîtrise des langages R ou Python. Ou bien d’interfaces en ligne, plus simples d’utilisation, mais qui implique en tout état de cause une formation aux concepts et méthodes de l’analyse textuelle.

  3. Codage manuel de catégories en fonction d’une problématique. Cette méthode relève davantage des approches qualitatives utilisées par exemple dans les études du contenu des journaux. Pour être menée de façon rigoureuse, elle suppose l’établissement d’une grille de codage (e.g. on va chercher les mots relevant du thème de la violence) puis d’un test de comparaison des résultats de deux codeurs appliquant la grille afin de vérifier si leurs résultats sont convergents (test du Kappa de Cohen).

On utilisera ici une combinaison des méthodes 1 et 2 où l’on va recoder manuellement les mots ou groupes de mots avant de les visualiser avec le package quanteda de R.

Afrique

Ensemble des étudiants

La première étape de l’analyse consiste à étudier les associations les plus fréquentes de mots dans les deux échantillons. On a regroupé certains mots autour d’une même racine (richesse, nature, culture, développement) et supprimé certaines variations lexicales.

  • Commentaire : Sur l’ensemble des étudiants de Paris et Kaolack, les mots dominants qui constituent le coeur des représentations sont culture, pauvreté, ressource, richesse, développement. Le mot nature est très souvent associé aux mots richesse et ressource (richesses naturelles, ressources naturelles) mais il peut également l’être à des éléments paysagers comme la savane, la forêt ou le désert. Le développement est souvent formulé somme sous-développement, et associés à la corruption, au chômage au manque, et par extension à l’instabilité, la guerre, la famine, voire les génocides ou les conflits. A cette vision négative s’oppose une vision positive de l’Afrique comme terre d’histoire et de diversité culturelle, mais marquée par la colonisation. Enfin, on note un large registre démographique décrivant l’Afrique comme une population jeune et en croissance. De façon plus anecdotique, quelques étudiants font de l’Afrique un grand continent faisant partie du Sud, ajoutent l’adjectif noir et mentionnent la coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Différences Paris-Kaolack

Les conclusions sont-elles les mêmes si on analyse séparément les deux échantillons ? Existen-ils des mots plus spécifiques aux étudiants de Paris ou de Kaolack.

  • Commentaire :
    • Les étudiants parisiens sont nettement plus nombreux à associer l’Afrique à la colonisation ou au développement et à mentionner sa grande taille, son appartenance au Sud (global ?) et à citer la CAN. Cela s’explique dans une large mesure par les enseignements dispensés au cours de leurs années de licence et de l’année de L3 en particulier.
    • Les étudiants de Kaolack ont davantage que les parisiens parlé de pauvreté, de jeunesse, de nature et de culture.

Méditerranée

Ensemble des étudiants

Comme pour l’Afrique, on commence par recoder les mots et repérer les associations les plus fréquentes dans les réponses. On retire le mot “mer” de l’analyse car il est présent dans presque toutes les réponses et apporte peu d’information.

  • Commentaire : Sur l’ensemble des étudiants de Paris et Kaolack, les mots dominants qui constituent le coeur des représentations sont commerce et migration ainsi qu’un groupe de mots associés aux loisirs : tourisme, soleil, vacances, plages. Autour de ce noyau central apparaissent d’autres thématiques pouvant relever de l’économie (richesse, ressources, pétrole, développement), de la géographie (olive poisson, climat, côte) ou de l’histoire (empire, civilisation). La question des décès de migrants en Méditerranée est présente mais de façon assez discrète (mort, bâteau) et c’est avant tout le rôle de carrefour et de lieu d’échange qui domine dans les réponses.

Différences Paris-Kaolack

Les conclusions sont-elles les mêmes si on analyse séparément les deux échantillons ? Existen-ils des mots plus spécifiques aux étudiants de Paris ou de Kaolack.

  • Commentaire :
    • Les étudiants parisiens sont nettement plus nombreux à associer la Méditerranée à la thématique des migrations et à celles des vacances. Leur perception est donc clairement ambivalente.
    • Les étudiants de Kaolack ont davantage que les parisiens parlé de civilisation, climat, tourisme ou développement. Mais ils n’affichent ps de spécificités aussi nette que les parisiens.

Europe

Ensemble des étudiants

On reprend la procédure habituelle de simplification du vocabulaire et d’examen des liaisons les plus fréquentes dans les réponses des étudiants des deux échantillons mélangés.

  • Commentaire : A la différence des graphes de mots associés à l’Afrique ou la Méditerranée, on observe nettement ici une nette division du coeur du graphe des mots de l’Europe en deux groupes. Un premier coeur est centré sur le mot Union Européenne, qui est fortement associé à d’autres mots tels que Schengen, Occident, Histoire, continent ou colonisation. Un second coeur est centré sur les mots richesse et développement, associés ensuite à racisme, vieux, travail, technologie, blanc, froid … Un petit nombre de mots sont rattachés à la fois aux deux coeurs comme puissance ou liberté. Enfin, on trouve un groupe particulier en marge du coeur autour des mots climat et tempéré

Différences Paris-Kaolack

Les conclusions sont-elles les mêmes si on analyse séparément les deux échantillons ? Existe-t-il des mots plus spécifiques aux étudiants de Paris ou de Kaolack.

  • Commentaire : comme le laissait deviner la scission du coeur du graphe rassemblant l’ensemble des étudiants, il existe une nette opposition entre les représentations de l’Europe des étudiants français et sénégalais
    • Les étudiants parisiens assimilent clairement l’Europe à l’Union Européenne ou l’espace Schengen et la rattachent souvent à l’Occident et parfois au Nord. Ils sont nombreux à citer des attributs économiques tels que la monnaie (euro, argent) et le commerce (libre_échange). Ils sont également nombreux à citer la France et l’Allemagne comme pays emblématiques de cet espace.
    • Les étudiants de Kaolack ont une vision radicalement différente avec une citation beaucoup plus fréquente que les étudiants parisiens du mot racisme, mais en associations avec l’idée de ressources (travail, technologie, développement) et des valeurs tels que la démocratie. l’originalité du climat tempéré est également pointée.

E. DECOUPAGES

Cette question dont le but était de faire découper le Monde aux étudiants a été posée de deux façons légèrement différentes aux étudiants :

  • (1) Fonds de carte avec frontières

Fonds de carte administré aux groupes de TD 1, 2 et 3
  • (2) Fonds de carte sans frontières

Fonds de carte administré aux groupes de TD 4

La première solution (avec frontières des pays) a été utilisée auprès des étudiants de Kaolack et de la majorité des étudiants de Paris. Mais un groupe d’étudiants parisien a reçu le fonds de carte sans frontières à titre expérimental.

Combien de régions ?

La consigne donné aux étudianst consistait à découper le monde en 2 à 15 régions de leur choix. On pensait que la majorité d’entre eux découperait le Monde en 4 à 6 régions, selon le modèle des continents. Mais en réalité les résultats ont été beaucoup plus dispersés et beaucoup d’étudiants ont utilisé le maximum de région proposé (15) voire davantage …

   Min. 1st Qu.  Median    Mean 3rd Qu.    Max. 
   1.00    7.00   10.00   10.14   13.00   17.00 

  • Commentaire : Il existe une grande dispersion du nombre de régions choisies par les étudiants pour découper le Monde. La moyenne et la médiane sont approximativement de 10 et les quartiles indiquent que 50% des étudiants ont opté pourun découpage en 7 à 13 régions. Le mode principal se situe à 15 soit le nombre maximal indiqué. Mais on trouve aussi des modes secondaires plus ou moins nets pour les découpages en 5, 8, 11 et 13 régions.


    Welch Two Sample t-test

data:  tabgeom$nbreg by tabgeom$loc
t = 2.1757, df = 74.823, p-value = 0.03273
alternative hypothesis: true difference in means between group Paris and group Kaolack is not equal to 0
95 percent confidence interval:
 0.146564 3.327946
sample estimates:
  mean in group Paris mean in group Kaolack 
            10.766667              9.029412 
  • Commentaire : D’une manière générale, les étudiants français utilisent un plus grand nombre de régions que les étudiants sénégalais avec des moyennes respectives de 11 et 9. La différence qui est significative (p < 0.05) serait encore plus marqué si l’on avait retiré les étudiants français qui ont utilise un fonds de carte sans limite d’états ce qui les a conduit à beaucoup moins découper le monde.

Quels noms de régions ?

Quels noms reviennent le plus souvent dans les découpages des étudiants ? On ne retient ici que les cartes numérisées

Nom de la région Nb régions Nb Paris Nb Kaolack % étudiants % Paris % Kaolack
1 Amérique du Nord 67 45 22 71.3 75.0 64.7
2 Amérique du Sud 60 41 19 63.8 68.3 55.9
3 Europe 50 32 18 53.2 53.3 52.9
4 Afrique de l’Ouest 41 25 16 43.6 41.7 47.1
5 Océanie 39 32 7 41.5 53.3 20.6
6 Afrique australe 38 23 15 40.4 38.3 44.1
7 Moyen-Orient 35 33 2 37.2 55.0 5.9
8 Asie 34 20 14 36.2 33.3 41.2
9 Afrique 30 21 9 31.9 35.0 26.5
10 Afrique centrale 30 17 13 31.9 28.3 38.2
11 Amérique centrale 29 26 3 30.9 43.3 8.8
12 Afrique de l’Est 25 16 9 26.6 26.7 26.5
13 Maghreb 23 20 3 24.5 33.3 8.8
14 Afrique du Nord 19 12 7 20.2 20.0 20.6
15 Asie de l’Est 16 12 4 17.0 20.0 11.8
16 Russie 16 12 4 17.0 20.0 11.8
17 Asie centrale 15 15 NA 16.0 25.0 NA
18 Asie du Sud-Est 14 14 NA 14.9 23.3 NA
19 Asie du Sud 12 10 2 12.8 16.7 5.9
20 Europe de l’Est 12 12 NA 12.8 20.0 NA
  • Commentaire :
    • les régions les plus fréquemment cités par les étudiants sont l’Amérique du Nord (71%) et l’Amérique du Sud (64%), éventuellement complétées par une Amérique centrale (32%). Le découpage du Nouveau Monde semble donc assez consensusel malgré des variantes possibles avec les Caraïbes et l’Amérique Latine chez les étduiants français.
    • L’Océanie est également fréquemment utilisée (42%), mais davantage par les étudaiants français (53%) que sénégalais (21%)
    • L’Europe est citées en tant qu’entité continentale unique par 53% des étudiants en France comme au Sénégal. Elle est assez peu découpée par les étudiants sénégalais, davantage par les étudiants français qui identifient parfois une Europe de l’Est (13%), une Europe de l’Ouest , une Europe du Nord.
    • L’Afrique de l’Ouest est citée très fréquemment au Sénégal (47%) mais aussi en France (42%) tout comme les autres régions d’Afrique (centrale, australe, orientale). En tant que continent unique elle n’est citée que par 35% des étudiants français et 27% des sénégalais. La partie Nord du continent est appelée tantôt Maghreb, tantôt Afrique du Nord, la première appellation étant surtout mobilisée par les étudiants français.
    • L’Asie est traité comme continent unique par 36% des étudiants, plus fréquemment au Sénégal (41%) qu’en France car les étudiants parisiens ont tendance à ajouter des subdivsions de l’Asie (centrale, de l’est, du sud-est, …) qui sont rares voire absentes chez les étudiants de Kaolack.
    • Le Moyen Orient (que l’on a fusionné avec le Proche Orient) est très présent dans les réponses des étudiants français (55%) mais pratiquement absent des réponses des étudiants sénégalais (6%).
    • La Russie est quant-à elle déclarée région du monde par 20% des étudiants contre seulement 12% des étudiants sénégalais.

Types de découpage

La liste des noms de régions les plus fréquents pourrait laisser supposer une grande homogénéité des découpages en continent et sous-continents. Mais en réalité il existe une grande diversité de proposition, dont certaines sont particulièrement originales. Nous proposons donc une galerie de découpages classiques et moins classiques avant de tenter d’en effectuer une synthèse.

Reading layer `WORLD30' from data source 
  `/Users/claudegrasland1/worldregio/altermap/data/axe1/worldmaps/WORLD30.shp' 
  using driver `ESRI Shapefile'
Simple feature collection with 60 features and 2 fields
Geometry type: POLYGON
Dimension:     XY
Bounding box:  xmin: -16656040 ymin: -16656040 xmax: 16656040 ymax: 16656040
Projected CRS: North_Pole_Azimuthal_Equidistant
Reading layer `WORLD_WUTS5' from data source 
  `/Users/claudegrasland1/worldregio/altermap/data/axe1/worldmaps/WORLD_WUTS5.shp' 
  using driver `ESRI Shapefile'
Simple feature collection with 168 features and 8 fields
Geometry type: MULTIPOLYGON
Dimension:     XY
Bounding box:  xmin: -15321110 ymin: -13064180 xmax: 12418260 ymax: 14863300
Projected CRS: North_Pole_Azimuthal_Equidistant

Carte en 1 région

  • Auteur : Etudiant UPC, L3 Géographie, 21 ans
  • Commentaire: Le seul étudiant à avoir refusé la consigne pour constituer une seule région nommée “Monde.

Cartes en 2 ou 3 régions

  • Auteur : Etudiant UPC, L3 Géographie, 21 ans, ayant séjourné dans plusieurs pays d’Amérique centrale
  • Commentaire: Le seul étudiant à avoir découpé le Monde en deux régions selon la ligne de clivage entre les Nords et les Suds. On notera que la Chine et la Russie sont rattachées aux Nords mais pas le Japon ou la Corée du Sud.

  • Auteur : Etudiant USSEIN, L3 SIG, âgé de 23 ans
  • Commentaire: L’étudiant procède à un découpage entre “riches” et “pauvres”, mais introduit entre les deux une zone de conflits et de crises qui courre de l’Afrique du Nord à l’Inde en passant par le Proche et le Moyen Orient.

Cartes “continentales” en 5-7 régions

  • Auteur : Etudiant UPC, L3 Géographie, 21 ans, Groupe 4, père né en Côte d’Ivoire
  • Commentaire: Le découpage en continents semble assez classique pour ne pas dire “scolaire”. Mais on note des choix intéressants comme le fait de rattacher le Mexique et les Caraïbes à l’Amérique du Sud ou le Groënland à l’Europe. On remarque également l’identification du Moyen o Orient comme région à part entière.

  • Auteur : Etudiante USSEIN, L3 SIG, âgée de 24 ans, ayant déclaré un sentiment d’appartenance à l’échelle locale mais aussi l’échelle nationale et continentale.
  • Commentaire: Il y a des erreurs de localisation volonataires ou involontaires. Mais une certitude concernant l’Afrique qui est bien délimitée dont l’unité qui est clairement revendiquée.

Cartes en 15 régions et plus

  • Auteur : Etudiant UPC, L3 Géographie, 21 ans, ayant voyagé au Canada et aux USA
  • Commentaire: Le découpage est poussé à l’extrême en 17 régions alors que la consigne imposait une limite théorique à 15. Les continents sont tous découpés en sous-continents mais l’étudiant y ajoute en tant que région des entités spécifiques (Maghreb, Moyen-Orient), des pays (Russie, USA) ainsi qu’une région transatlantique regroupant Canada et Europe de l’Ouest qu’il nomme “démocraties des Nord” en excluant d’un côté les USA, de l’autre des pays d’Europe centrale et orientale.

  • Auteur : Etudiant USSEIN, L3 SIG, âgé de 27 ans, ayant déclaré un sentiment d’appartenance à toutes les échelles
  • Commentaire: L’étudiant procède à un premier découpage primaire en grandes régions de type continents, qu’il subdivise ensuite en sous-région. Il attribue à l’Europe l’ensemble de l’Eurasie et localise l’Asie en Océanie.

Carte morphologiques et climatiques

  • Auteur : Etudiant USSEIN, L3 SIG, âgé de 25 ans
  • Commentaire: L’étudiant procède à un découpage simultané des étendues terretres et maritimes pour aboutir à une couverture intégrale du globe

  • Auteur : Etudiant UPC, L3 Géographie, 21 ans
  • Commentaire: Le découpage en zone climatique est particulièrement difficile dans le cas d’une projection polaire mais l’étudiant réussit à le faire, au moins de façon approximative.

Citation

BibTeX citation:
@online{toure2026,
  author = {TOURE, Labaly and GRASLAND, Claude},
  title = {Altermap : {Axe} 1 {Représentations} Et Découpages Du {Monde}
    En {France} Et Au {Sénégal}},
  date = {2026-06-19},
  url = {https://worldregio.github.io/altermap/posts/2026-06-19-axe1-test/},
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For attribution, please cite this work as:
TOURE, Labaly, and Claude GRASLAND. 2026. “Altermap : Axe 1 Représentations Et Découpages Du Monde En France Et Au Sénégal.” June 19, 2026. https://worldregio.github.io/altermap/posts/2026-06-19-axe1-test/.